Histoire d’un parcours : conter sa vie

Par Odile.

Parmi les parcours proposés, celui que l’on pourrait appeler la « contologie », consiste à créer un conte à partir d’un évènement de sa vie. Apporter une touche artistique à une période vécue et la formuler sous la forme d’un conte et très libérateur. Certes, on ne devient pas écrivain en 21 jours, en revanche, on vient chercher en soi les ressources de son pouvoir créateur.

 

Réalisation d’un conte :

 

Il y a quelques mois, une personne que j’ai guidée dans la mise en place de ce parcours s’est pris au jeu de cette recherche dans le passé et m’a donné l’autorisation de partager le résultat de ses efforts. Je la remercie chaleureusement pour sa confiance. C’est avec joie que je vous propose de lire la réalisation de Michèle. Un merveilleux conte, une allégorie d’un moment de vie.

>>> Cliquer ici pour lire le conte. <<<

 

Tout est symbole :

 

Chaque conte permet de poser un regard sur la réalité d’un évènement par le biais du merveilleux ou du fantastique. Destiné à distraire ou instruire en s’amusant, il véhicule un certain nombre de symboles qui ont été analysés depuis le début de la psychanalyse. C’est un cheminement initiatique qui apportent certaines clés qui elles-mêmes ouvrent certaines portes. A la fois pour celui qui l’écrit, celui qui le lit ou celui qui l’entend !

 

Quelques exemples :

L’oiseau est un symbole de liberté qui peut se déplacer dans les airs où il veut, en pouvant atteindre une hauteur de vol incroyable. On l’associe également à la réussite, à la capacité d’atteindre ses objectifs.

Le puits : souvent associé à la magie dans les contes, il symbolise un accès vers notre intériorité, les secrets enfouis. C’est aussi la symbolique de l’énergie féminine.

 

Tentez l’aventure intérieure ! Cela se finira toujours bien !

 

Quelques temps plus tard, Michèle est devenue une contributrice dynamique et génreuse pour notre blog. En exprimant sa crétivité, ses articles sont toujours intéressants et vivants. Elle nous propose un autre conte, inspiré d'une hstoire vraie ou l'inverse...allez savoir....Et si al réalité dépassait la fiction? 

 

 

Une histoire de jeunesse

Par Michèle

Je suis certaine que cette petite histoire de début de vacances vous rappellera quelques souvenirs. Après tout, avant d'être des adultes raisonnables… nous avons tous été des enfants. Enfin… plus ou moins raisonnables !

Pour célébrer les vacances d'été, laissez-moi vous raconter cette aventure comme un petit conte provençal.

Il était une fois…

Le premier jour des grandes vacances. Trois cousines, âgées de onze à quatorze ans, débarquent chez leur grand-mère, dans un minuscule hameau de Provence où les cigales donnent chaque jour leur plus beau concert.

Cette grand-mère n'était pas une grand-mère comme les autres. Ancienne institutrice – ou, comme on dit aujourd'hui, professeure des écoles – elle avait quitté depuis longtemps les tableaux noirs et les cahiers d'écoliers pour suivre une toute nouvelle passion : la poterie.

Dans son atelier, ses mains habiles faisaient naître des bols, des assiettes, des saladiers, des vases… mais aussi de magnifiques décors en céramique qui embellissaient le village. Le vieux lavoir, la petite chapelle, quelques murs des ruelles portaient sa signature artistique. Les habitants admiraient son talent, même s'ils continuaient, avec ce petit accent bien de chez eux, à l'appeler « l'étrangère », parce qu'elle n'était pas née au pays.

Mais revenons à nos trois héroïnes.

À peine les valises posées que les voilà déjà parties à l'aventure ! Les grands discutaient tranquillement du voyage, des vacances à venir et de la chaleur estivale, tandis que les trois cousines couraient par monts et par vaux. À l'époque, les rues étaient paisibles, les champs tout proches et les enfants pouvaient encore explorer le monde avec une liberté qui ferait aujourd'hui pâlir bien des parents.

Le temps passe…

Soudain, stupeur sur la place du village !

Voici revenir les trois demoiselles… chacune solidement agrippée par le col de sa robe… par le voisin !

L'homme était rouge de colère. Ses moustaches semblaient trembler d'indignation.

Les adultes se regardèrent, inquiets.

Qu'avaient donc pu faire ces trois adorables fillettes, d'ordinaire si sages… enfin… relativement sages ?

Alors là… accrochez-vous !

Elles avaient réussi l'impensable.

La grande croix du XIXᵉ siècle, solidement dressée depuis des générations devant la chapelle, gisait désormais de tout son long sur la route.

Oui… par terre !

Cette croix que tout le village connaissait, devant laquelle passaient les processions et où l'on déposait des fleurs lors des fêtes religieuses…

Les trois cousines avaient trouvé amusant de grimper dessus comme sur un jeu d'équilibre.

La vieille pierre, elle, n'avait pas apprécié.

Boum !

La croix avait basculé.

On imagine sans peine les exclamations :

— Sacrilège !

— Mais enfin, qu'avez-vous fait ?

Les fillettes, blanches comme des linges, regardaient leurs chaussures avec un intérêt soudain passionnant.

Les parents, eux, cherchaient déjà comment présenter leurs excuses et surtout comment financer la réparation de la catastrophe.

C'est alors que le maire du hameau arriva, accompagné du forgeron.

Tous deux avaient l'air très sérieux.

Les parents s'avancèrent aussitôt :

— Monsieur le Maire, nous sommes vraiment désolés. Bien entendu, nous prendrons la restauration de la croix à notre charge…

Un silence…

Puis le maire éclata d'un rire si sonore que les cigales en oublièrent presque de chanter.

Le forgeron riait de bon cœur lui aussi.

— Mais enfin ! lança le maire entre deux éclats de rire. Vous n'avez donc jamais été enfants ?

— Combien de gamins du village ont essayé exactement la même chose ! Les vôtres ont simplement eu moins de chance que les autres…

Le forgeron ajouta, avec un clin d'œil :

— Allez, cette réparation sera pour moi. Et que personne ne reparle de cette histoire !

Les adultes poussèrent un immense soupir de soulagement.

Les trois cousines retrouvèrent enfin leurs couleurs… et promirent, du moins pour quelques jours, de ne plus escalader les monuments historiques.

Car en Provence, les histoires les plus mémorables ne se terminent jamais par des disputes.

Elles s'achèvent toujours autour d'un verre de l'amitié, dans les éclats de rire, pendant que les cigales, imperturbables, continuent leur concert comme si de rien n'était.

Et des années plus tard, cette aventure fait encore sourire tous ceux qui l'entendent… surtout les trois cousines, qui jurent aujourd'hui qu'elles n'y étaient vraiment pour rien… ou presque.