
Texte et photos: Odile
Avec la participation de Dominique, Cricri et Marie.
Une clé posée sur une table. Un coffret entrouvert. Un cadenas accroché à la rambarde d’un pont… Voilà des objets tout simples qui peuvent nous raconter beaucoup de choses.
La clé nous donne-t-elle envie de pousser une porte ? Le coffret cache-t-il un trésor, un secret ou quelques souvenirs ? Le cadenas protège-t-il quelque chose de précieux, ou nous donne-t-il l’impression d’être enfermés ?
Avec les symboles, un objet peut devenir le début d’une histoire. Et chacun peut raconter la sienne.
Quand les objets parlent au-delà de leur fonction
Une clé sert à ouvrir une serrure. Mais dans nos expressions, elle ouvre bien davantage : nous cherchons « la clé du bonheur », « la clé du mystère », ou nous confions à quelqu’un « les clés de notre cœur ».
C’est ce passage de l’objet à l’idée qui fait sa force symbolique. Quelques mots suffisent pour évoquer une possibilité, une découverte, une confiance accordée.
Ces images circulent dans les contes, les livres, les films et les histoires que nous nous transmettons. Elles composent un imaginaire partagé, auquel viennent se mêler nos souvenirs personnels.
Carl Gustav Jung a proposé la notion d’« inconscient collectif », associée à des motifs fondamentaux qu’il appelait les archétypes. C’est une théorie de la psychologie jungienne, pas un dictionnaire permettant d’attribuer une signification définitive à chaque objet.
Pour jouer avec les symboles, nous pouvons simplement nous demander : qu’est-ce que cette image évoque pour moi ?
Le coffret : ce que nous gardons précieusement
Un coffret peut contenir des bijoux, des lettres, des petits papiers sans valeur marchande mais chargés de souvenirs.
Fermé, il éveille la curiosité. Ouvert, comme sur cette photo, il invite à découvrir, à déposer quelque chose, peut-être à partager.
Il peut représenter notre jardin secret, ce que nous souhaitons préserver ou ce que nous n’avons pas encore osé montrer. Et si le trésor était aussi ce qui reste à y mettre ?
La clé : l’envie d’ouvrir une porte

Une clé peut évoquer une solution, un passage, une nouvelle étape. Elle donne accès à un lieu, mais elle nous en confie aussi la responsabilité.
Cette clé d’hôtel peut faire penser au voyage, à une chambre où poser ses bagages, à une parenthèse loin du quotidien. Pour quelqu’un d’autre, elle rappellera surtout le plaisir de rentrer et de fermer la porte pour se reposer.
Même objet, histoires différentes !
Le cadenas : protéger, relier… ou retenir ?

Un cadenas protège ce que l’on souhaite mettre à l’abri. Sur un pont, il peut aussi devenir le signe d’un lien amoureux, d’une promesse que l’on voudrait voir durer.
Mais cette image permet une autre lecture : à quel moment ce qui nous rassure commence-t-il à nous retenir ?
Protéger son intimité peut être précieux. Garder une porte fermée peut être nécessaire. Encore faut-il pouvoir choisir de l’ouvrir.
Un petit jeu : quel symbole vous parle aujourd’hui ?
Sans trop réfléchir, choisissez une réponse à chaque question. Ce jeu est une invitation à explorer vos envies du moment, sans valeur de test psychologique.
1. Aujourd’hui, vous aimeriez surtout…
A. Retrouver ce qui compte vraiment pour vous.
B. Découvrir une possibilité nouvelle.
C. Préserver votre calme et votre espace.
2. Dans une histoire, vous auriez envie de découvrir…
A. Ce que contient un mystérieux coffret.
B. La porte qu’ouvre une petite clé.
C. Ce qu’un cadenas protège si soigneusement.
3. Quelle phrase vous attire le plus ?
A. « J’ai des trésors à retrouver. »
B. « Une porte pourrait s’ouvrir. »
C. « Je choisis ce que je laisse entrer. »
Les résultats :
Une majorité de A : le coffret
Pour ce jeu, le coffret évoque ce qui a de la valeur à vos yeux : souvenirs, idées, liens ou talents. Qu’aimeriez-vous garder précieusement ? Et qu’auriez-vous envie de partager ?
Une majorité de B : la clé
La clé évoque ici la curiosité et les possibilités. Quelle petite porte aimeriez-vous pousser en ce moment ? Il n’est pas nécessaire de bouleverser votre vie : une découverte suffit parfois.
Une majorité de C : le cadenas
Le cadenas invite à regarder vos limites et vos besoins de tranquillité. Qu’avez-vous envie de protéger ? Une limite choisie peut vous aider à vous sentir libre.
Vous avez des réponses mélangées ?
Vous pouvez avoir envie de protéger un trésor tout en ouvrant une nouvelle porte. Les trois objets vont d’ailleurs très bien ensemble !
Et si votre résultat ne vous parle pas, choisissez une autre image. Votre propre interprétation fait partie du jeu.
Des symboles pour réfléchir, avec la liberté de changer d’avis
Un symbole devient intéressant lorsqu’il nous aide à poser une question, à exprimer une émotion ou à regarder une situation autrement.
Nous pouvons aimer un objet porte-bonheur, être touchés par une image ou nous reconnaître dans une métaphore, tout en gardant notre liberté de jugement. Une image ne décide pas de notre avenir.
Aujourd’hui, vous vous sentez peut-être coffret. Demain, vous aurez envie d’être clé.
Une histoire à raconter : grâce à un petit jeu estival, certaines lectrices sont parties du symbole du coffret pour écrire un petit texte. Et cela donne des petits messages pleins de poésie…
Dans le coffre magique que j'ai trouvé il y avait :
Une clé ... celle de la chambre de mon enfance qui ouvre la porte des souvenirs heureux et un petit sachet contenant une pincée de poussière étoilée qui éloigne les souvenirs moins heureux...Dominique.
Lors d'une promenade, j'ai trouvé un petit coffret abandonné. Au lieu de le laisser vide, j'ai décidé d'y glisser quatre trésors. J'y ai mis une plume, pour représenter la liberté, un galet poli ramassé au bord du chemin, pour garder le souvenir de cette balade, une petite clé imaginaire, capable d'ouvrir toutes les portes des rêves, et une étoile en papier, symbole de l'espoir. En refermant le coffret, j'ai eu l'impression d'y enfermer un peu de poésie et de magie, en espérant que la prochaine personne qui le découvrira y trouvera un sourire." Cricri.
Odile!
Alors voilà̀, dans ce coffre, j’ai glissé́ :
Un stylo quatre pointes de couleurs,
Pour apprivoiser la peur.
Un peu de laine, tissée de douceur,
Pour réchauffer les cœurs.
Une bille de fleurs, graines de vigueur,
Pour agrandir le meilleur.
Un rayon de miel, alvéolé de saveurs,
Pour butiner les petits bonheurs.
Merci Odile, de tout coeur. Marie.