Pour moi avril est jaune..et pour vous?

Ma photo n’est qu’une invitation : vos jours et vos mois ont peut-être d’autres couleurs. Laissez venir les vôtres.

 

Par Odile

 

Ces personnes qui ont un calendrier coloré dans la tête

Vous est-il déjà arrivé de penser à avril et de sentir immédiatement une teinte apparaître : un jaune pâle, un vert tendre, un rose poudré ? Ou de vous dire, sans trop savoir pourquoi, que le lundi est clairement bleu, que le jeudi tire vers l’orangé, et que décembre est argenté comme un papier cadeau froissé ?

Si cela vous parle, bienvenue. Vous êtes peut-être de celles et ceux qui portent un calendrier coloré à l’intérieur. Et cette manière de percevoir le monde est beaucoup plus fréquente qu’on ne l’imagine : parfois, il s’agit de synesthésie, parfois d’un langage symbolique très personnel et souvent, d’un mélange des deux.

 

Quand le temps se met à rayonner : synesthésie ou poésie du cerveau ?

La synesthésie, c’est ce mot un peu mystérieux qui décrit une expérience simple : un stimulus en appelle un autre. Une lettre peut avoir une couleur, une musique peut dessiner une forme, un chiffre peut avoir une personnalité… et pour certaines personnes, les jours, les mois, les saisons déclenchent spontanément des couleurs.

Vous ne décidez pas que “janvier sera blanc”.
Vous pensez “janvier”… et le blanc arrive.

Parfois, ce n’est pas une image nette devant vos yeux. C’est plutôt une évidence intérieure, une impression colorée posée sur le mot, comme un filtre sur une photo. Et ce qui est touchant, c’est que cette sensation peut être très stable : votre jeudi a cette couleur depuis toujours, et il ne vous viendrait pas à l’idée d’en changer.

 

Il y a aussi celles et ceux qui “voient” le temps comme une carte

Et puis, il y a une autre magie : certaines personnes ne se contentent pas de sentir une couleur… elles organisent le temps dans l’espace.

Vous avez peut-être, sans le savoir, une carte intérieure où :

Vous “savez” où se trouve avril, comme on sait où se trouve une fenêtre dans une maison. Et parfois, cette carte est colorée : l’année devient alors une sorte de vitrail mental, une géographie intime.

 

Comment reconnaître votre manière de sentir les couleurs:

Vous n’avez pas besoin de vous “diagnostiquer”. Vous pouvez simplement observer.

Ça ressemble souvent à de la synesthésie si…

Ça ressemble plutôt à une association symbolique si…

Et la vérité, c’est que votre expérience peut être un mélange : une base stable + des nuances qui changent comme la lumière sur une même peinture.

 

Pourquoi votre esprit fait ça ?

Parce que le temps est abstrait, et que votre cerveau adore rendre l’abstrait vivant.

Mettre une couleur sur un mois, c’est peut-être :

Et si vous êtes sensible aux images, aux atmosphères, aux textures… il se peut que vous ayez naturellement cette intelligence-là : transformer le monde en matière sensible.

 

Votre petit jeu : découvrez votre palette intérieure

Prenez un carnet, ou vos notes sur téléphone. Et surtout : ne réfléchissez pas trop. L’idée est d’accueillir la première couleur, comme on attrape une bulle au vol.

1 Pensez à janvier.
Quelle couleur arrive en premier ? Notez.
Puis février, mars, jusqu’à décembre.

2 Faites la même chose avec les jours : lundi → dimanche.

3 Revenez à votre liste dans une semaine.
Est-ce que vos réponses sont proches ?

Bonus (si vous voulez) :
Imaginez l’année comme une forme. Où se situe août ? Où est novembre ?
Votre réponse vous dira beaucoup sur votre “architecture intérieure”.

 

Et si vous en faisiez une boussole ?

Votre calendrier en couleurs peut devenir un compagnon du quotidien :

Vous ne “jouez” pas à faire joli. Vous vous offrez une manière de vivre le temps avec plus de présence.

 

Petite question pour finir

Et vous… de quelle couleur est votre mercredi ?
Et janvier, il est plutôt perle, bleu givre, ivoire, gris ciel… ou tout autre chose ?

Si vous avez envie, partagez votre palette dans un mail : c’est toujours étonnant de comparer les calendriers intérieurs. On a l’impression, l’espace d’un instant, d’entrer dans la chambre secrète de l’autre, là où le temps se met à briller.